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La hausse du surendettement en France en 2025: Une menace silencieuse pour les ménages

19 janvier 2026
5 min de lecture
La hausse du surendettement en France en 2025: Une menace silencieuse pour les ménages
Aimad Harit
Écrit parAimad HaritCEO
19 janvier 2026
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L'essentiel à retenir

  • La Banque de France a enregistré 148 013 dossiers de surendettement en 2025, soit une hausse de 9,8% par rapport à 2024.
  • Cette augmentation, supérieure aux prévisions, s'explique par la pression sur le pouvoir d'achat, l'essor du paiement fractionné et les accidents de la vie.
  • Les classes moyennes sont désormais touchées.
  • Face à cette situation, le rachat de crédits apparaît comme une solution efficace pour réduire ses mensualités et éviter le surendettement.
  • Une nouvelle réglementation entrera en vigueur en novembre 2026.

Niveau : Accessible à tous

La France fait face à une réalité économique préoccupante. Alors que l'année 2025 s'est achevée, les chiffres publiés par la Banque de France en ce début d'année 2026 sonnent comme un avertissement sévère : le nombre de dossiers de surendettement a connu une augmentation alarmante de +9,8% [1]. Avec 148 013 dossiers déposés sur l'ensemble de l'année, cette progression, bien supérieure aux 3% initialement anticipés par l'institution, met en lumière la fragilité financière croissante d'une partie de la population et interpelle sur les solutions à mettre en œuvre.

Une tendance haussière qui s'accélère depuis trois ans

Cette augmentation n'est pas un phénomène nouveau, mais l'accélération d'une tendance observée depuis maintenant trois années consécutives. Après une hausse de 8% en 2023 par rapport à 2022, puis de 10,8% en 2024, l'année 2025 confirme une dynamique inquiétante qui ne semble pas vouloir s'essouffler [2]. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a qualifié cette situation de préoccupante lors d'une audition devant la commission des Finances du Sénat le 14 janvier 2026, tout en la nuançant avec une perspective historique : « Si je compare au pic de 2014, on est encore à -32% » [3].

Si le niveau actuel reste inférieur à celui de la décennie passée et même à celui de 2019, l'année de référence pré-pandémique, la vitesse de la dégradation interpelle les observateurs économiques et les acteurs du secteur financier. La Banque de France a d'ailleurs dû renforcer ses effectifs pour traiter cet afflux de dossiers et envisage désormais de recourir à l'intelligence artificielle pour optimiser ses processus de traitement et réduire les délais d'instruction.

AnnéeNombre de dossiers de surendettementÉvolution annuelle
2023~124 000+8%
2024134 803+10,8%
2025148 013+9,8%

Tableau 1 : Évolution du nombre de dossiers de surendettement en France (2023-2025). Sources : Banque de France, Le Figaro. [1] [2]

Cette progression constante sur trois années consécutives démontre que nous ne sommes pas face à un simple accident conjoncturel, mais bien à une tendance structurelle qui nécessite une attention particulière de la part des pouvoirs publics, des institutions financières et des ménages eux-mêmes.

Les causes multiples d'une crise du pouvoir d'achat

Cette spirale du surendettement puise ses racines dans un cocktail économique complexe qui met à mal le budget des ménages français depuis plusieurs années.

La pression inflationniste et les dépenses contraintes

La cause principale, identifiée par tous les analystes et économistes, est la pression continue sur le pouvoir d'achat. L'inflation, bien que ralentie par rapport aux pics de 2022-2023, a laissé des traces durables dans les budgets familiaux. La hausse des prix, notamment sur les postes de dépenses incompressibles comme l'énergie, le logement et l'alimentation, a considérablement réduit la marge de manœuvre financière de nombreux foyers.

Pour beaucoup de ménages, l'équation est devenue insoluble : les revenus n'ont pas suivi la même courbe ascendante que les coûts de la vie, créant un effet de ciseaux dévastateur. Les salaires, malgré quelques revalorisations, n'ont pas compensé l'érosion du pouvoir d'achat, laissant de nombreuses familles dans l'incapacité de boucler leurs fins de mois sans recourir au crédit ou au découvert bancaire. Un chiffre récent illustre cette réalité : 25,3% des Français se retrouvent en situation de découvert bancaire dès le 18 du mois, selon une étude publiée en janvier 2026.

Le piège du paiement fractionné : une bombe à retardement

Un phénomène plus récent est venu aggraver considérablement la situation : la démocratisation massive du paiement fractionné (« Achetez maintenant, payez plus tard », ou BNPL pour « Buy Now, Pay Later »). Proposé par la quasi-totalité des enseignes, aussi bien en magasin qu'en ligne, ce système, perçu comme une simple facilité de caisse par les consommateurs, est en réalité une forme de crédit à la consommation qui peut rapidement devenir un piège.

Une étude révèle que près de 40% des ventes en magasin se font désormais via ces paiements échelonnés [5]. Les commerciaux n'hésitent pas à proposer des « 10 fois sans frais, 15 fois sans frais, voire jusqu'à 20 fois sans frais » pour faciliter l'achat d'électroménager, de téléviseurs ou d'autres équipements. Mais derrière cette apparente gratuité se cache souvent un coût réel : pour un four à 1 200 euros, le coût du crédit peut atteindre 139 euros supplémentaires.

Pauline Dujardin, juriste à la fédération Crésus, association d'aide aux personnes surendettées, met en garde : « Ce qui est risqué, c'est à partir du moment où on commence à cumuler ce type de paiement, et/ou à utiliser ce type de paiement pour payer par exemple des charges courantes. À partir de là, il faut se poser la question de l'équilibre de son budget ». L'accumulation de ces petites mensualités, souvent invisibles car dispersées entre plusieurs créanciers, finit par créer une charge de remboursement mensuelle conséquente et insidieuse, menant tout droit au surendettement sans que le consommateur en ait véritablement conscience.

Les accidents de la vie, détonateurs de la crise financière

Sur ce terreau économique fragile, les aléas de la vie agissent comme des détonateurs puissants. Une perte d'emploi, une séparation ou un divorce, un problème de santé grave ou une dépense imprévue (panne de voiture, réparation urgente dans le logement) peuvent rapidement faire basculer un budget déjà tendu vers le surendettement.

Ces chocs, autrefois absorbables par une épargne de précaution ou une capacité d'endettement supplémentaire, deviennent des points de rupture pour des ménages sans matelas financier suffisant. La disparition progressive de l'épargne de précaution chez de nombreux Français, grignotée par l'inflation et les dépenses courantes, amplifie encore ce phénomène.

Qui sont les nouveaux visages du surendettement ?

L'image traditionnelle du surendettement, longtemps associée exclusivement aux populations les plus précaires et marginalisées, est en pleine mutation. Si les ménages modestes, les familles monoparentales et les femmes seules restent statistiquement surreprésentés dans les dossiers déposés à la Banque de France, une nouvelle catégorie de la population est de plus en plus touchée : les classes moyennes.

Ces ménages, souvent propriétaires de leur logement et disposant de revenus stables voire confortables, se retrouvent pris au piège de l'endettement. Le cumul d'un crédit immobilier, de plusieurs crédits à la consommation (pour une voiture, des travaux de rénovation, de l'équipement électroménager ou informatique) et des facilités de paiement les conduit progressivement à un taux d'endettement qui dépasse le seuil critique de 35% généralement admis par les établissements bancaires.

Une simple augmentation des charges (hausse des taux d'intérêt, augmentation des charges de copropriété, hausse des prix de l'énergie) ou une baisse de revenus (passage à temps partiel, perte de primes, chômage technique) peut alors suffire à enclencher la spirale infernale du surendettement.

Cette évolution sociologique est un signal fort envoyé aux pouvoirs publics et aux acteurs du crédit : le surendettement n'est plus seulement une question de pauvreté ou de précarité, mais devient aussi une problématique de gestion de budget dans un contexte économique difficile pour une part croissante et diversifiée de la population française.

Les conséquences dramatiques du surendettement

Au-delà des difficultés financières immédiates, le surendettement entraîne des conséquences profondes et durables sur la vie des personnes concernées.

L'inscription au FICP : une sanction lourde de conséquences

L'inscription au Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) constitue l'une des premières conséquences du surendettement. En 2025, les inscriptions au FICP pour raison de surendettement se sont élevées à 89 265 sur l'ensemble de l'année, avec 7 793 inscriptions pour le seul mois de décembre.

Cette inscription, qui peut durer jusqu'à 5 ans, a des répercussions majeures sur la vie quotidienne : impossibilité de contracter un nouveau crédit, difficultés pour obtenir un logement en location (les propriétaires vérifiant souvent la solvabilité des candidats), voire complications pour ouvrir un simple compte bancaire ou obtenir certains services.

L'exclusion bancaire et sociale

Le surendettement peut conduire à une véritable exclusion bancaire, privant les personnes concernées de moyens de paiement essentiels dans une société de plus en plus dématérialisée. Cette exclusion financière se double souvent d'une exclusion sociale : honte, isolement, difficultés à maintenir une vie professionnelle normale, ruptures familiales.

Les associations d'aide aux surendettés, comme Crésus, témoignent régulièrement du découragement financier qui s'empare de nombreuses personnes, pouvant conduire à des situations de détresse psychologique grave.

Le rachat de crédits : une solution préventive et curative

Face à cette situation préoccupante, le rachat de crédits, activité au cœur de l'expertise de PretX.fr, apparaît comme une solution structurante et efficace. Il ne s'agit pas d'une solution miracle qui effacerait les dettes par magie, mais d'un outil de gestion financière puissant qui, utilisé à bon escient et au bon moment, peut permettre d'éviter le dépôt d'un dossier de surendettement ou d'en sortir progressivement.

Le principe du regroupement de crédits

Le principe est simple et éprouvé : regrouper l'ensemble des crédits (immobilier, consommation, renouvelable, etc.) et dettes personnelles en un seul et unique prêt, avec une mensualité unique et un taux renégocié. Cette opération, réalisée par un courtier spécialisé comme PretX.fr, présente plusieurs avantages majeurs pour les emprunteurs en difficulté ou souhaitant optimiser leur budget.

Vers un encadrement plus strict du crédit à la consommation

Conscient des dérives observées, notamment liées au paiement fractionné et à la multiplication des crédits à la consommation, le législateur a décidé de durcir significativement les règles. Une nouvelle réglementation sur le crédit à la consommation, issue de l'ordonnance 2025-880, entrera en vigueur le 20 novembre 2026

Les nouvelles règles qui entreront en application à l'automne 2026 visent à prévenir le surendettement tout en garantissant une information plus transparente pour les consommateurs.

Les mesures phares de la nouvelle réglementation

Parmi les mesures les plus importantes, on note tout d'abord l'assimilation des paiements en plusieurs fois (au-delà de trois mois ou pour des montants supérieurs à 200 euros) et des mini-crédits à de véritables crédits à la consommation, soumis aux mêmes obligations réglementaires.

Ensuite, le renforcement de l'obligation de vérifier la solvabilité de l'emprunteur pour tous les types de crédits, y compris les plus petits montants. Les établissements prêteurs devront analyser en détail la situation financière de l'emprunteur avant d'accorder un financement.

Enfin, un encadrement plus strict de la publicité, qui devra inclure des avertissements clairs et visibles sur les risques de l'endettement. Il sera notamment interdit de mettre en avant une facilité de paiement comme argument principal dans une publicité.

Ces mesures visent à protéger les consommateurs les plus vulnérables et à responsabiliser les organismes de crédit. Elles soulignent l'importance d'une approche prudente et éclairée de l'endettement, tant pour les prêteurs que pour les emprunteurs.

Conclusion : Agir avant qu'il ne soit trop tard

La hausse de 9,8% du surendettement en 2025 est bien plus qu'une simple statistique économique. C'est le reflet des difficultés croissantes de milliers de ménages français, y compris au sein des classes moyennes longtemps épargnées par ce phénomène. Face à un pouvoir d'achat sous pression constante et aux pièges d'un crédit trop facilement accessible, la prévention et l'accompagnement professionnel sont plus que jamais essentiels.

Dans le contexte économique actuel, anticiper et agir sur son endettement n'est plus une option, mais une nécessité absolue pour préserver sa stabilité financière, sa sérénité familiale et son avenir. La première étape consiste souvent à réaliser un bilan de sa situation financière avec un professionnel, pour identifier les solutions les plus adaptées à sa situation personnelle.


Références

[1] Banque de France. (2026, Janvier 15). Baromètre mensuel de l'Inclusion Financière – Décembre 2025. Consulté sur https://www.banque-france.fr/fr/actualites/barometre-mensuel-de-linclusion-financiere-decembre-2025

[2] Le Figaro. (2026, Janvier 14). Face à un pouvoir d'achat sous pression, le surendettement des Français en forte hausse. Consulté sur https://www.lefigaro.fr/conjoncture/face-a-un-pouvoir-d-achat-sous-pression-le-surendettement-des-francais-en-forte-hausse-20260114