L'essentiel à retenir
L'étude de la Banque de France du 5 mars 2026 confirme ce que les acteurs du terrain observent depuis plusieurs années : le surendettement en France a un profil dominant, celui de la femme seule avec enfants. La combinaison de revenus d'activité faibles, de charges incompressibles élevées et de l'absence fréquente de filet de sécurité conjugal crée une fragilité structurelle que le moindre choc — inflation, perte d'emploi, maladie — suffit à transformer en situation de défaut.
Dans le contexte du printemps 2026, marqué par le retour de l'inflation liée à la crise au Moyen-Orient, le nombre de femmes seules en situation de basculement va mécaniquement augmenter. La question n'est pas de savoir si les dossiers de surendettement vont continuer à progresser — ils vont progresser. La question est de savoir combien de ces situations auraient pu être évitées par un regroupement de crédits réalisé à temps.
Niveau : Accessible à tous
Ce que révèle l'étude de la Banque de France du 5 mars 2026
L'étude, publiée sous forme de billet de blog par quatre économistes de l'institution, croise pour la première fois les données de genre avec les dossiers traités par les commissions départementales de surendettement. Le constat est net.
Source : Banque de France, billet n°438, 5 mars 2026 / Insee.
Le chiffre qui frappe : les pères seuls ne sont pas du tout surreprésentés. Leur part dans les dossiers de surendettement correspond exactement à leur poids dans la population. Autrement dit, la monoparentalité n'explique pas tout — c'est la monoparentalité féminine qui constitue un facteur de risque massif.
Ce n'est pas un hasard si cette étude sort maintenant. En 2025, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés auprès des commissions départementales, soit une hausse de 9,8 % sur un an. Le mois de décembre 2025 a même enregistré une accélération brutale : +19,8 % par rapport à décembre 2024. La Banque de France attribue cette hausse aux effets retardés de l'inflation sur les ménages les plus fragiles.
Pourquoi les mères seules basculent-elles là où les pères résistent ?
L'étude identifie des mécanismes qui vont bien au-delà de la simple question de revenus.
Des revenus d'activité structurellement plus faibles
Chez les mères seules surendettées, moins de la moitié des ressources (46 %) proviennent de revenus d'activité. Ce chiffre monte à 60 % pour les pères seuls dans la même situation. L'écart s'explique par la moindre disponibilité horaire liée à la garde des enfants, la difficulté d'accéder à des emplois mieux rémunérés, et le recours plus fréquent au temps partiel subi.
Un endettement modeste en apparence, écrasant en réalité
L'endettement médian d'une mère seule avec enfants en situation de surendettement est de 16 417 €. Ce montant peut sembler gérable — c'est moins qu'un crédit auto neuf. Mais rapporté aux ressources disponibles, il ne l'est pas : 61 % de ces mères présentent une capacité de remboursement négative. Concrètement, même en payant le strict minimum vital (loyer, énergie, alimentation), il ne reste rien pour rembourser les dettes.
La pension alimentaire : un revenu théorique
La Banque de France relève que les mères cheffes de famille monoparentale surendettées sont d'autant plus vulnérables qu'elles ne touchent pas toujours la pension alimentaire fixée par le juge. Ce point a un impact direct sur le monde du crédit : les banques et organismes prêteurs intègrent parfois la pension comme revenu dans le calcul de la capacité d'emprunt. Quand elle n'arrive pas, le budget s'effondre.
La honte comme verrou
59 % des femmes déclarent ressentir de la honte ou de la gêne à l'idée de déposer un dossier de surendettement — 5 points de plus que les hommes. Ce frein psychologique a une conséquence mesurable : la moitié des personnes surendettées déclarent que leurs difficultés financières durent depuis plus de deux ans au moment du dépôt. C'est deux ans de dégradation pendant lesquels une solution alternative aurait pu être mise en place.
Le contexte de mars 2026 aggrave la situation
L'étude de la Banque de France aurait déjà été alarmante en période de stabilité économique. Elle l'est encore plus dans le contexte actuel.
Le 24 mars 2026, l'Insee a publié sa note de conjoncture, résumée par un titre explicite : « Inflation ravivée, croissance fragilisée ». La guerre au Moyen-Orient a fait remonter les prix des hydrocarbures vers les 100 dollars le baril. L'inflation, retombée à 0,9 % en février, devrait dépasser les 2 % au printemps.
Pour les ménages déjà en tension budgétaire, la traduction concrète est immédiate :
Estimations PretX sur la base des prévisions Insee et de l'évolution des prix à la pompe en mars 2026.
Pour une mère seule dont le budget est déjà au cordeau, ce surcoût de 75 à 135 € par mois peut suffire à transformer une situation tendue en situation de défaut. C'est exactement le type de bascule que la Banque de France observe dans la hausse des dépôts de dossiers.
Notre analyse complète de l'impact de l'inflation sur les ménages endettés est disponible dans notre article dédié : Le rachat de crédits, solution contre l'inflation.
Surendettement ou rachat de crédits : la fenêtre se referme vite
C'est le point central que ces chiffres mettent en lumière pour notre activité. Le rachat de crédits et la procédure de surendettement sont deux chemins radicalement différents — et le choix entre les deux se joue souvent dans une fenêtre de quelques mois.
Le surendettement est un filet de sécurité indispensable — et la Banque de France joue parfaitement son rôle d'accompagnement. Mais pour les femmes seules qui ont encore un revenu d'activité stable, même modeste, et dont l'endettement est constitué majoritairement de crédits à la consommation (et non de charges courantes impayées), le rachat de crédits offre une sortie sans fichage.
Prenons un cas concret. Une aide-soignante de 35 ans, deux enfants, locataire en banlieue lyonnaise, avec un salaire de 1 580 €, des aides CAF de 580 € (APL + pension alimentaire), et trois crédits conso totalisant 15 400 € de capital restant dû pour 500 €/mois de mensualités. Son taux d'endettement atteint 54,6 % — zone critique. Un rachat de crédits consommation sur 84 mois à environ 6,8 % ramènerait sa mensualité autour de 235 €, libérant 265 € par mois et faisant repasser son taux d'endettement à 42 %. Encore élevé, mais viable — et sans FICP.
Ce type de simulation est exactement ce que propose notre simulateur de rachat de crédits, gratuit et sans engagement.
Ce que Pretx observe sur le terrain
Sans trahir la confidentialité de nos dossiers, nous pouvons partager un constat qui rejoint parfaitement les conclusions de la Banque de France : les profils de mères seules avec 2 à 4 crédits conso (prêt personnel + crédit auto + un ou deux renouvelables) constituent une part croissante des demandes que nous recevons.
Trois points reviennent systématiquement dans ces dossiers.
Le crédit renouvelable est presque toujours présent. Carte Cetelem, Cofidis, Sofinco — souvent souscrite pour absorber une dépense imprévue (réparation voiture, rentrée scolaire), puis reconstituée par habitude. Le taux de ces crédits, souvent supérieur à 18 %, rend le remboursement structurellement impossible avec des revenus modestes. Le regroupement permet de sortir de cette spirale en soldant définitivement ces lignes. Nous détaillons ce mécanisme dans notre page rachat de crédits renouvelable.
Le divorce récent est un déclencheur fréquent. Quand une femme propriétaire doit racheter la part de son ex-conjoint tout en conservant des crédits conso contractés à deux, l'opération de rachat de soulte combinée à un regroupement de crédits permet souvent de repartir sur une base saine, avec une seule mensualité calibrée sur un seul revenu.
L'attente est le pire ennemi du dossier. Une demande de rachat déposée avec des relevés bancaires propres (sans rejet de prélèvement) a infiniment plus de chances d'aboutir qu'une demande faite après trois mois d'impayés. C'est pourquoi nous insistons dans notre guide de préparation du rachat de crédits sur l'importance d'agir dès les premiers signes de tension budgétaire.







